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En RDC, le pouvoir muselle les médias:
quand la censure officielle s’habille en « protection de l’ordre public ». Les applications comme Tik Tok et X bloquées en RDCongo.
Kinshasa, sous le silence des balles et le bruit des interdits qui ressemblent à des dénis de la réalité Alors que l’est de la République démocratique du Congo (RDC) sombre dans un conflit dangereux avec les rebelles du M23/AFC, le gouvernement de Félix Tshisekedi choisit une arme redoutable pour contrôler le récit : le silence imposé.
Par un communiqué du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), les autorités ont ordonné aux médias de ne relayer que la « version officielle » des événements liés au conflit. Une directive qui sent la poudre et le totalitarisme, sous prétexte de protéger l’« ordre public ». Pire: des sources locales évoquent des menaces implicites, jusqu’à la peine de mort, contre les journalistes récalcitrants.
Pourtant, la RDC n’est pas officiellement en guerre. Aucun état de GUERRE déclaré, aucune loi martiale en vigueur. Mais à Kinshasa, on agit comme si la Constitution n’existait plus. L’article 24, pourtant clair, garantit la liberté de la presse et d’information.
Un droit que le CSAC piétine allègrement, transformant les rédactions en chambres d’enregistrement du pouvoir.
« La vérité officielle » ou la mort: le choix cornélien des journalistes
« Vous relayez une information non validée par l’État ? Vous risquez votre liberté, voire votre vie. » Tel est le message adressé aux médias congolais. Dans un pays où des journalistes sont régulièrement arrêtés, intimidés ou contraints à l’exil, cette nouvelle directive sonne comme une condamnation à mort de l’information libre.
En exigeant que chaque ligne, chaque reportage sur le conflit soit filtré par le prisme gouvernemental, le CSAC ne régule pas: il décapite le quatrième pouvoir.
Les témoignages des victimes, les rapports des ONG, les analyses des experts indépendants — tout doit disparaître au profit d’un récit aseptisé, où l’armée est héroïque, les miliciens vaincus, et les civils… invisibles.
Exemple frappant : En juin 2023, un journaliste de Goma ayant rapporté des exactions attribuées à des soldats gouvernementaux a été arrêté pour « diffusion de fausses nouvelles ». Son crime ? Avoir donné la parole à des survivants. Son dossier ?
Classé « secret défense ».
Que dire de la chute du chef-lieu de la province du Nord Kivu, la ville de Goma, qui est interdit d’évoquer dans le médias, dans un déni de la vérité qu’insulte l’intelligence des congolais !
La Constitution congolaise en lambeaux : L’hypocrisie d’un État qui se dit démocratique
Le gouvernement justifie cette censure par la nécessité de « protéger l’ordre public ». Un argument fallacieux.
L’article 24 de la Constitution garantie la liberté de la presse et de l’information. Or, comment justifier une interdiction totale de couvrir un conflit sans sources indépendantes, dans un pays qui n’est pas officiellement en guerre ?
Cette dérive rappelle les pires heures des régimes autoritaires :
- 2016 en Turquie : Après la tentative de coup d’État, Erdogan avait verrouillé les médias au nom de la « sécurité nationale ». Résultat ? Des milliers de journalistes emprisonnés, une opposition étouffée.
- 2020 en Biélorussie : Loukachenko avait criminalisé les reportages critiques lors des manifestations. Aujourd’hui, le pays est un désert médiatique.
La RDC emprunte le même chemin. En instrumentalisant le CSAC — censé être un régulateur indépendant — le pouvoir transforme une instance de régulation en outil de répression.
Menaces de mort, peur et désinformation : Le cocktail explosif qui nourrit le chaos
Les conséquences sont déjà palpables :
- Autocensure généralisée : Les journalistes, sous pression, renoncent à enquêter. « Si je cite un habitant de Beni qui accuse l’armée, je finis en prison. Alors je me tais », confie un reporter sous couvert d’anonymat.
- Monopole de la désinformation: les réseaux sociaux et les médias étrangers deviennent les seules sources alternatives, alimentant rumeurs et théories complotistes.
- Impunité garantie: sans médias libres pour documenter les exactions, les groupes armés — y compris ceux liés à l’État — agissent en toute discrétion et les populations locales sont surprises de leurs avancée, sans pouvoir se protéger…
Et que dire des menaces de peine de mort évoquées dans les coulisses ? Si elles se concrétisent, la RDC rejoindra le club sinistre des pays comme la Corée du Nord ou l’Arabie saoudite, où informer est un crime capital.
La communauté internationale regarde… et se tait
Alors que l’ONU et l’Union africaine financent des missions de paix en RDC, leur silence sur cette censure est assourdissant. Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), pourtant ratifié par Kinshasa, est bafoué en pleine lumière. Où sont les condamnations de l’UE, les pressions des États-Unis, les résolutions de la Cour africaine des droits de l’homme ?
Pendant ce temps, des ONG comme Reporters sans frontières (RSF) tirent la sonnette d’alarme : la RDC a chuté dans le classement mondial de la liberté de la presse. Un avertissement ignoré par des dirigeants congolais plus soucieux de contrôle que de démocratie.
Résister ou disparaître
Face à cette offensive totalitaire, la société civile congolaise et les médias indépendants résistent encore. Des collectifs de journalistes, comme Journaliste en Danger (JED), documentent chaque intimidation, chaque arrestation. Mais sans soutien massif — local et international —, leur combat pourrait tourner au massacre.
La balle est dans le camp des citoyens, des partenaires internationaux et des institutions africaines :
- Exiger l’abrogation immédiate du délit « non codifié » de « non-référence aux sources officielles ».
- Sanctionner les responsables de menaces contre les journalistes.
- Financer des médias libres, hors de portée des pressions gouvernementales.
BLOCAGE DES RESEAUX SOCIAUX
Les applications comme Tik Tok et X sont bloquée par le régime fatshiste, depuis le 01/02/2025: nous invitons tous les internautes congolais à se procurer, sans délai, un VPN pour continuer à s’informer librement, au moins sur internet.
En RDC, la guerre pour l’information est lancée. Et dans cette bataille, il n’y a pas de spectateurs innocents : soit on défend la liberté de la presse, soit on accepte la dictature, le principe de la « doxa stalinienne » et du déni de la vérité.
Résistant Congolais