LE M23 FRAPPE FORT A WALUNGU ET VISE MAINTENANT KINDU, JAMES KABAREBE ET KANYUKA SANCTIONNES PAR USA

Dans l’est de la République Démocratique du Congo, le chaos s’intensifie. Le M23, soutenu par le Rwanda, poursuit une offensive fulgurante, s’emparant de Bukavu, capitale du Sud-Kivu, après avoir progressé sans résistance le long de la route N2. Cette prise de Bukavu, bien plus stratégique que celle de Goma, marque une escalade alarmante dans la guerre qui ravage le Nord et le Sud-Kivu.

UNE TRIPLE OFFENSIVE IMPLACABLE

Lancée depuis le Sud-Kivu, l’avancée du M23-RDF suit TROIS axes majeurs:

  1. vers le sud, le long de la N5 en direction d’Uvira et du lac Tanganyika,
  2. Selon des sources locales, les rebelles auraient déjà atteint Walungu, à quelques encablures de Kindu, dans la province de Maniema.
  3. Le troisième axe, celui vers Lubero, dans le Nord, est toujours un front de combats en cours.

Si cette information se confirme, Kindu – capitale du Maniema, carrefour vital reliant l’est du pays et troisième front ouvert – pourrait être la prochaine cible. « Ils veulent relier le sud au nord, de Kindu à Kisangani, » confie un habitant de Walungu, inquiet. Une telle connexion donnerait au M23 un contrôle sans précédent sur les principales portes d’entrée de la région.

BUKAVU : UN TROPHEE PLUS PRECIEUX QUE GOMA

Pourquoi Bukavu compte-t-elle autant ? Contrairement à Goma, isolée et encerclée depuis des mois, la capitale du Sud-Kivu offre un accès direct à des axes routiers stratégiques. Sa chute est un coup de maître pour le M23, qui a su tirer parti du retard dans la conquête de Goma. Ce délai a détourné l’attention internationale, offrant aux rebelles et à leurs alliés rwandais un avantage crucial, tant sur le terrain que pour d’éventuelles négociations futures.

AU NORD, LA PRESSION MONTE

Pendant ce temps, au Nord-Kivu, le M23 ne relâche pas son étreinte. Les rebelles tentent de forcer le front nord au-delà de Kitsambiro sur la N2, tout en avançant lentement vers Lubero.

Mais un autre acteur trouble la donne : l’UPDF ougandaise. Présente officiellement pour combattre les milices ADF aux côtés des FARDC, elle patrouille à seulement quelques kilomètres du front rebelle. « On se demande ce qu’ils feront si nos forces s’effondrent, » murmure une source locale à Lubero.

L’OMBRE DE L’OUGANDA

Le rôle de l’UPDF intrigue. Si leur mission est de neutraliser les ADF, leur présence massive près des positions du M23 ravive les soupçons d’un jeu trouble. Dans le passé, l’Ouganda a soutenu des factions rebelles dans les territoires de Rutshuru et Nyiragongo. Aujourd’hui, alors que la coalition gouvernementale – FARDC, volontaires et milices Wazalendo – vacille, la question est inévitable : que feront les troupes ougandaises si le front nord cède ?

UN POINT DE NON-RETOUR ?

Avec Bukavu en poche et Kindu dans le viseur, le M23 s’impose comme une force inarrêtable.

Le retard dans la prise de Goma, loin d’être une faiblesse, s’est révélé une aubaine stratégique, permettant aux rebelles de consolider leurs gains.

Mais jusqu’où iront-ils ?

La communauté internationale, jusque-là passive, devra-t-elle enfin réagir face à une crise qui menace de redessiner l’est du Congo et peut être le Congo tout entier ?

LES USA SANCTIONNENT KABAREBE ET KANYUKA

Les sanctions américaines contre James Kabarebe, ministre rwandais de l’intégration territoriale et Lawrence Kanyuka, porte-parole du M23 semblent démontrer que la diplomatie commence à bouger.

https://home.treasury.gov/news/press-releases/sb0022

Pour l’heure, une seule certitude domine : le M23 avance et le temps presse, alors que Kinshasa, même politiquement, ne fait rien pour afficher un front uni d’union nationale face à l’agression.

Résistant Congolais

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